Le bien-boire en France : le marché des sans-alcool en hausse significative

Dans cet épisode, nous abordons le sujet du marché des sans alcool en nous intéressant plus précisément au Kombucha. Le bien-boire est une tendance bien présente chez les consommateurs et la montée des “low-no-alcohol” est en hausse significative dans les pays anglo-saxons et asiatiques. En effet, les breuvages contenant peu ou pas d’alcool ont la cote car ce sont des alternatives healthy, moins sucrées et peu caloriques. Mais qu’en est-il en France ? Quelques éléments de réponse dans ce podcast signé Studio Blackthorns featuring Sebastian de Lokki Kombucha.

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Retranscription

Ludovic : Salut Sebastien.

Sebastian : Salut !

Ludovic : Peux-tu te présenter à nos auditeurs en quelques mots ?

Sebastian : Bien sûr. Je suis Sebastian Landaeus, j’ai 39 ans. J’ai créé Lökki avec Nina, je suis cofondateur de Lökki, une brasserie de Kombucha. On a créé ça il y a cinq ans maintenant.

Mon background, c’est un peu le schéma habituel : école de commerce, premières armes dans des grands groupes et un mal-être bien présent, bien installé qui m’a poussé à réfléchir un peu sur ce que je voulais faire dans ma vie, ce qui était important pour moi. Et le kombucha en faisait partie et c’est un peu comme ça que ça a démarré.

Ludovic : OK, très bien. Pour commencer, peux-tu nous expliquer d’où vient le nom de ta brasserie ? Parce que de mon côté, j’ai pu voir que « Lökki » ça pouvait signer « mouette » en finlandais et également un Dieu de la mythologie nordique. Et je pense, à en juger à votre Com, ce n’est pas trop le côté viking qui… ?

Sebastian : Alors non, ce n’est pas le côté viking. Alors, je suis moitié suédois moitié français en fait. J’ai grandi en France, mais je suis né en Suède. J’ai fait une partie de mes études en Suède aussi.

En fait si tu veux, dans le design de Lökki, dans le nom de la marque, je voulais pouvoir retrouver une certaine consonance et une esthétique visuelle scandinave. Et si tu veux, Lökki, ça s’est construit principalement sur l’esthétique visuelle et c’est après que j’ai raccroché un petit peu l’histoire de la mythologie nordique qu’on peut retrouver, notamment sur le dieu de la discorde qui est donc un dieu qui n’a pas très bonne presse, mais il y a quand même un truc très cool chez lui, c’est que c’est un dieu qui n’aimait pas l’ordre établi.

Arriver sur le marché des boissons avec une boisson vivante un peu folle qu’on doit conserver au frais alors que toutes les autres boissons sont pasteurisées en ambiant, c’était un petit peu arriver comme un chien dans un jeu de quilles et bousculer un peu tout ça.

Donc voilà, le côté Lökki, tu le retrouves sous cet aspect-là.

Ludovic : OK, donc il y a un côté irrévérencieux un petit peu. Je ne m’en serais pas douté, mais vu de cet aspect-là…

Sebastian : Ouais, c’est une boisson un peu folle qui continue de fermenter. C’était un peu comme ça qu’on l’avait pensé. Et puis comme je te dis, cet esthétisme scandinave, on voulait quelque chose de très épuré, un peu comme le design scandinave qui se veut très fonctionnel et très épuré.

Ludovic : OK, ça marche. Du coup, avant d’aller plus loin dans l’interview, j’ai préparé un super quizz. Le concept c’est simple, c’est de répondre le plus rapidement possible aux questions en choisissant une seule réponse.

*SUPER-QUIZZ* à écouter en audio 😉

Ludovic : Pour revenir un petit peu sur l’interview, peux-tu nous expliquer rapidement ce qu’est le kombucha et est-ce que c’est bon pour la santé, comme on peut le lire dans tous les blogs ?

Sebastian : Le kombucha, c’est une boisson fermentée. Concrètement ce qui va se passer c’est une infusion de thé qu’on va sucrer, mais qu’on va sucrer principalement pour pouvoir nourrir les levures et les bactéries qui vont transformer cette infusion en une boisson légèrement pétillante, acidulée avec un goût qui se rapproche à peu près du cidre, mais sans l’alcool.

C’est une fermentation presque un peu spontanée, c’est un processus que tu retrouves dans la nature. C’est-à-dire que tout liquide sucré exposé à l’air va développer de l’alcool et très rapidement tu vas avoir des bactéries acétiques qui vont venir un petit peu se nourrir de cet alcool et le transformer en acide acétique et c’est ça qui va donner ce côté vinaigré et qui permet au kombucha, quand tu le fais bien, de pouvoir afficher des taux d’alcool très faibles. Donc ça te fait une boisson pétillante sans alcool et très rafraichissante.

Ludovic : Et en quoi ce serait bon pour la santé, comme le disent les blogs ?

Sebastian : Alors ça c’est toujours un peu compliqué. Nous, l’aspect santé, ce n’est pas quelque chose qu’on met trop en avant parce que légalement c’est délicat.

En revanche, t’as de l’acide glucuronique et il y a des études qui ont été faites sur des rats comme quoi ça permettait de détoxifier les métaux lourds. Donc ça, à ma connaissance je pense que c’est la seule étude scientifique qui permet de dire que t’as un effet détox du kombucha.

Après, on parle beaucoup de probiotique. On associe souvent le kombucha à des probiotiques.

Pour le kombucha, il faut relativiser un peu, on peut parler d’effet probiotique dans le sens où, si tu veux, les bonnes bactéries qui sont présentes dans le kombucha ne font pas partie de la liste européenne des probiotiques. L’effet est similaire, mais ce n’est pas dans ce registre comme c’est entendu par l’Union européenne.

Les premiers effets du kombucha c’est, je pense, une facilitation de la digestion. Clairement sur un gros repas ou si t’es pas très bien, que t’as du mal à digérer, c’est vraiment quelque chose qui va te permettre de te sentir mieux très rapidement.

Et puis à long terme, moi je vois ça comme un apport de bonnes bactéries que tu remets dans ton système digestif qui te permet de rééquilibrer ta flore intestinale et qui permet de maintenir un système immunitaire en bonne santé.

Moi à titre personnel, avant que je commence les produits fermentés, j’avais toujours ce petit rhume l’hiver, cette petite crève que tu chopes facilement et je saurais même plus te dire quand j’ai été malade la dernière fois. En tout cas en ce qui me concerne, je suis très convaincu sur les produits fermentés. Alors, je dis produits fermentés parce que le kombucha en fait partie, mais tu vas aussi avoir du kéfir, tu vas avoir des produits lacto-fermentés, etc. Donc c’est un peu comme tout, je pense qu’il faut varier ses sources et jamais abuser d’une seule chose.

Ludovic : D’ailleurs, pour accompagner le podcast, je ne sais pas si tu connais, moi je bois un probiotique qui s’appelle Kréol. C’est une marque qu’on voit ici en Australie.

Sebastian : D’accord, prébiotique, OK d’accord.

Ludovic : Ouais, c’est marqué Prebiotic Sparkling, c’est du “passion fruit et orange”.

Sebastian : D’accord. Donc en gros, prébiotique ça va être la nourriture que tu donnes au probiotique.

Ludovic : Du coup, j’ai noté un titre intéressant sur ton site internet c’est « la nature en open source ». Pour moi, c’est une phrase à mi-chemin entre agriculteur bio et développeur geek. Est-ce que tu peux nous expliquer ce terme ?

Sebastian : Oui. En fait, la fermentation est un savoir ancestral qui a accompagné l’évolution de l’homme et c’est quelque chose qui s’est un peu perdu. Enfin moi en tout cas, quand j’ai grandi, je n’étais pas au courant de la fermentation, de ce que c’était. J’ai eu la chance d’avoir ma mère chez moi qui m’a initié à la cuisine et donc moi je suis passionné de bouffe. Mais je n’ai jamais connu ça en grandissant. Et je me suis rendu compte que c’est quand même un des premiers moyens de conservation naturelle qui a accompagné l’homme tout au long de l’évolution et c’est certainement un processus qui a permis à l’homme de voyager un peu plus loin, de pouvoir conserver ses aliments, de ne pas mourir de faim pendant des périodes un petit peu difficiles, pendant les hivers ou des choses comme ça.

Ce qui me semblait très important en lançant le kombucha, c’était de ne pas essayer de faire croire que c’était un procédé secret, etc., alors que c’est quelque chose qui existe depuis des milliers d’années. Et c’était aussi de pouvoir partager ça. Tu sais, on a sorti un livre avec des recettes pour vraiment désacraliser un peu la fermentation, à expliquer qu’en gros, tout le monde peut le faire, tout le monde peut faire son kombucha à la maison, tout le monde peut faire du kéfir, tout le monde peut faire… c’est l’acte de fermenter.

C’est un petit peu comme le pain, fondamentalement tout le monde peut faire son pain à la maison. C’est juste que des fois, tu vas avoir envie de le faire, des fois tu ne vas pas avoir envie de le faire, tu vas l’acheter à la boulangerie.

Ludovic : Ouais, j’aime bien ce concept de donner plus que de garder secret des choses. Il y a beaucoup d’entreprises qui gardent des secrets de fabrication, etc. Moi je pense qu’on est plus dans le donner maintenant et le karma fait le reste. Je suis plus partisan de penser comme ça. Donc effectivement, votre livre de recettes, c’est une bonne chose je pense aussi en termes de stratégie de communication et puis ça vient du cœur, donc…

Sebastian : Ouais ouais, vraiment. On s’est éclaté à faire ce bouquin-là et puis on a pas mal de retours de la part de gens qui disent « merci, c’est super ». Et puis en fait, surtout qui se rendent compte que c’est simple. En gros, t’es très bien équipé pour faire la différence entre une préparation qui est foirée et une préparation qui marche. Ça se sent à l’odeur, tu le vois visuellement. Il n’y a pas de risques majeurs. Si ce n’est pas bon, tu recraches.

Ludovic : Et le côté open source de ta phrase du coup ?

Sebastian : C’était justement de pouvoir expliquer comment le kombucha est fait, que les gens puissent en faire à la maison aussi à partir d’une bouteille de Lökki. Enfin, d’une bouteille de Lökki ou d’une bouteille de quelqu’un d’autre, tant que le kombucha est de qualité et pas pasteurisé.

Ludovic : Du coup, vous mettez l’accent sur vos démarches écoresponsables, vous donnez votre max pour réduire l’impact de l’homme sur l’environnement. On voit aujourd’hui beaucoup de marques qui prônent cet aspect dans le secteur de la boisson. Est-ce un combat de tous les jours pour Lökki, quelles sont vos actions ?

Sebastian : Ouais, c’est un combat de tous les jours, c’est quelque chose qui nous anime profondément. On fait ce qu’on peut à notre niveau dans le sens où aujourd’hui on est chez Enercoop pour l’énergie. Alors, ça parait un peu bateau de dire ça, mais ça a quand même un vrai impact parce que c’est seul fournisseur d’électricité qui réinvestit dans l’énergie verte. Donc derrière c’est pour construire des éoliennes ou d’autres sources d’énergie pour le long terme. C’est quand même 10 à 15 % plus cher que ce que tu peux acheter chez les fournisseurs normaux et quand t’as une brasserie, l’électricité c’est quand même un gros poste.

On composte bien évidemment tous nos déchets. Donc tout le thé, les mères de kombucha qu’on a en plus, etc. Qu’on réutilise dans notre potager. Donc on s’en plaint pas.

Qu’est-ce qu’on va faire d’autre ? Alors oui, on a une vraie politique RSE au sein de la boite dans le sens où déjà on est bien évidemment bio, mais on est aussi équitable. Toutes les matières premières qui viennent de loin sont certifiées équitables. C’est-à-dire que tu vas payer un premium sur ces matières-là pour t’assurer qu’en gros les producteurs puissent bénéficier de conditions de travail satisfaisantes et que ce premium-là est réinvesti dans le bien-être au travail là-bas.

Pour le sucre par exemple, on travaille avec des petits producteurs du Paraguay et donc ce sucre-là, on le paye un peu plus cher, mais en retour l’argent est réinvesti pour un cabinet dentaire sur la plantation. Parce que ça fait vivre plein de familles.

Donc plutôt que ce soit une prime qui est juste donnée aux agriculteurs, ça va être une prime qui est vraiment réinvestie dans le social là-bas.

Qu’est-ce qu’on fait d’autre ? On fait pas mal de choses, je peux en parler longtemps. Je continue ou… ?

Ludovic : Je pense que les auditeurs pourront aller sur votre site et voir vos valeurs et lire un peu vos posts de blog si ça les intéresse plus en détail.

Je voulais revenir du coup plus sur les produits en eux-mêmes. Est-ce que tu peux présenter tes best-sellers ? 

Sebastian : Alors, on a une gamme assez large, là on a à peu près 11 recettes. Donc nous on se positionne vraiment sur l’originalité, le goût et la qualité bien évidemment. Nos best-sellers aujourd’hui, ça va être l’hibiscus-rose-timur et le curcuma-citron vert. Et après, tu vas avoir derrière soit le tulsi-gingembre soit la menthe-spiruline, en fonction de la saison.

Ludovic : OK. Et du coup, tu les accompagnerais avec des plats ou c’est à boire tout seul ?

Sebastian : Bah chacun a un peu son rituel. Moi je suis très pendant le repas, je trouve ça assez sympa. Notamment si t’es végétarien ou végane, en fait ça va vraiment très bien accompagner les crudités. Ce petit côté acide peut un peu s’apparenter à une vinaigrette d’une certaine manière. Donc en fait, ça va très bien se marier avec des buddha bowl ou des poke si tu manges du poisson.

Et après, en apéro c’est aussi très bien parce qu’en fait, tu sais, le côté fermenté peut très bien remplacer la bière quand tu peux pas boire d’alcool. Donc ça s’y prête très bien, t’as ce côté très rafraichissant. Donc ça c’est assez cool. Bon moi j’adore la bière, donc je me prive pas de bière. Mais disons que si j’ai pas envie de ressentir les effets de l’alcool parce que soit je fais du sport ou parce que je fais aussi attention aux calories, le kombucha s’y prête très bien.

Ludovic : Ouais, c’est sûr, et puis il y a une véritable tendance mondiale, un peu plus présent dans les pays anglo-saxons pour l’instant. Mais la consommation de moins d’alcool ou des sans-alcool vient en force et les gens veulent des alternatives sans alcool de plus en plus dans les bars ou dans les mocktails ou dans les choses comme ça, donc ouais.

Sebastian : Ouais. Mais je pense qu’il y a une nouvelle génération qui voit l’alcool comme un truc un peu ringard.

Ludovic : Ah ouais. Je pense pas que ça soit encore en France, mais je vois ce que tu veux dire. Bon, après, tant mieux pour la santé, mais la fête est moins folle !

Sebastian : Oh ils trouveront bien d’autres trucs ! 

Ludovic : Du coup, moi ce qui m’a interpellé chez Lökki c’était la KomBeerCha. Comment positionnerais-tu la KomBeerCha ? Est-ce que c’est un soda un peu rebelle ou est-ce qu’il fait plutôt partie de la catégorie des sans-alcool dans le secteur de la bière-vins-spiritueux ?

Sebastian : C’est une bonne question, on peut peut-être y réfléchir ensemble parce que moi non plus, je ne sais pas trop comment le positionner.

Clairement, on l’a appelé KomBeerCha parce qu’on voulait faire un kombucha qui rappelle un peu une IPA avec cette caractéristique très houblonnée ou une Pale Ale en fait. Donc aujourd’hui, c’est dans les rayons frais, tu le trouves bien évidemment dans le rayon frais à côté de notre gamme de kombucha. On a de très bons retours au niveau gustatif, etc. Par contre, je pense qu’aujourd’hui, les gens qui ne connaissent pas le kombucha ne savent pas trop ce que le KomBeerCha est. On a besoin, je pense, d’un peu de temps pour que le produit se cale bien.

Ludovic : Parce que du coup, tu dis qu’il est dans les frigos, enfin en tout cas au frais. Où est-ce qu’il est distribué ?

Sebastian :  Alors déjà nous on est vendu dans tous les magasins bio spécialisés uniquement. Tu vas avoir des enseignes en local, tu vas avoir Marcel & Fils, tu vas avoir des Satoriz, tu vas avoir des Biocoop en local, un petit peu tous les magasins bio, chez Naturalia aussi tu vas le retrouver.

Ludovic : D’accord. Donc pour l’instant, pas forcément dans les caves à bières par exemple ?

Sebastian : Non, pas encore. Parce que toute la subtilité est de pouvoir trouver des personnes qui puissent garder et présenter les produits au frais, ce qui n’est pas encore très établi partout chez les cavistes.

Ludovic : Ça c’est une obligation pour la fermentation ou la conservation ?

Sebastian : Ouais, parce que sinon le kombucha, enfin le KomBeerCha dans ce cas bien précis va continuer à évoluer. Et puis surtout avec le houblon, qui est quand même un agitateur de levure, voilà, il faut être à 4° et il faut que ça reste à 4°.

Ludovic : D’accord. Donc ça veut dire que s’il devait être dans une cave à bières, il devrait être dans un frigo dans tous les cas ?

Sebastian : Ouais, exactement.

Ludovic : Et pour combien de temps ?

Sebastian : On a une DLUO de 12 mois dessus.

Ludovic : D’accord, OK. Donc ouais, la KomBeerCha, ça se cherche encore un petit peu. Ça fait bonne presse, mais ça se cherche en termes de positionnement ?

Sebastian : Ouais. C’est quand même très spécialisé. Il faut savoir qu’aujourd’hui, je pense que tout le monde ne connait pas le kombucha. Et après, il faut avoir la curiosité d’aller tester du KomBeerCha en ne sachant pas trop ce que c’est. Ce qui est un peu un défi assez cool en soi parce que c’est un peu notre ADN aussi de toujours vouloir surprendre le consommateur. On propose toujours des recettes un peu folles avec des ingrédients que les gens ne comprennent pas tous. Donc écoute, ça fait son chemin. Mais on a de bons retours déjà.

Ludovic : Ça marche. Du coup, en termes de look, vous êtes parti sur des petites bouteilles en verre transparentes de 33 cl avec des étiquettes transparentes. Est-ce que tu peux nous expliquer ce choix de conditionnement ? 

Sebastian : En fait c’est la couleur des boissons. On trouvait ça un peu dommage de cacher ça avec une étiquette pleine, sachant qu’on a des couleurs un peu folles. Tu vois, l’hibiscus a un rose complètement incroyable, rose rouge.

On va avoir la spiruline-menthe qui est vert bleuté grâce à la phycocyanine qu’il y a dedans.

Donc c’est quand même sympa de pouvoir avoir des couleurs naturelles comme ça et de montrer aussi une certaine naturalité et ce qu’il y a dans le produit.

Après, il y a des inconvénients. C’est-à-dire qu’on est hyper dépendant de l’éclairage des frigos. C’est-à-dire que si on a une lumière qui est soit peu présente ou soit derrière les bouteilles, du coup on voit très mal les étiquettes, on voit très mal les logos, ça ne ressort pas très bien.

Ludovic : Du coup, pour en revenir à la KomBeerCha, pour peut-être moins se chercher en termes de positionnement, je me demandais pourquoi vous aviez pas envisagé la canette pour se rapprocher du mouvement craft des brasseries artisanales ? 

Sebastian : Alors oui on y pense à la canette. Après, je sais pas si fondamentalement ce serait bienvenu ce format-là dans les magasins bio spécialisés, parce que nous on est quand même très présent dans ce circuit de distribution.

La canette en France c’est quand même pas super bien développé et du coup, ça nécessite aussi de gros investissements si tu veux monter une ligne d’embouteillage en cannette. Donc on a préféré rester sur une bouteille en verre brune pour le KomBeerCha, parce que comme le houblon est photosensible, ça permet de protéger le houblon.

Ludovic : Et du coup, qu’est-ce qui pourrait freiner tes distributeurs, enfin tes magasins spécialisés dans le fait d’utiliser la canette ?

Sebastian : Je pense que la canette n’a pas très bonne presse en termes de recyclabilité. Je crois que ce n’est pas très clair en France à quel point ça peut être recyclable ou pas. Et donc les gens restent encore un peu sur l’idée que ça fait beaucoup de déchets et que ce n’est peut-être pas très bien traité derrière.

Ludovic : Ouais, pourtant c’est quand même la solution numéro une pour le recyclage à l’infini et ce genre de choses. Après, c’est sûr qu’il y a beaucoup d’articles là-dessus qui se mordent un peu la queue, donc on ne sait jamais trop sur quoi se placer, on ne sait pas si le verre est mieux que l’aluminium ou non.

Sebastian : Très honnêtement, aujourd’hui… Bon, le verre on sait ce que c’est, l’aluminium on en parle beaucoup et j’attends d’avoir… En fait je suis un peu en discussion avec certaines personnes pour savoir à quel point c’est eco-friendly ou pas et on va voir un petit peu. Mais oui, effectivement, la canette c’est assez cool. Enfin moi je trouve ça génial parce que tu disposes d’une surface pour parler de ton produit qui est juste énorme. Ça se refroidit très vite, c’est très léger, c’est pratique, tu te coupes pas, t’as pas de risques de bris. Donc ouais, c’est sympa.

Ludovic : Et puis là en Australie, c’est vraiment un truc de fou en fait. T’arrives dans les bottle store et c’est un mur de cannettes. Et c’est trop beau à voir déjà et puis il y a on va dire 80 % de canettes et 20 % de bouteilles dans les bottle store dans les rayons bière craft en Australie. Donc ce n’est pas encore ça en France, mais du coup, peut-être que ça y viendra.

Sebastian : Ouais. Moi, dès que je serai 100 % sûr que la filière est bien maitrisée en France sur l’aluminium, je creuserai un peu plus. Pour l’instant c’est pas trop évident. Je sais qu’en Suède c’est extrêmement bien réutilisé derrière. T’as encore la consigne en Suède. Mais t’as des points de collecte dans tous les supermarchés où tu vas déposer tes cannettes, tes bouteilles de verre. Tu reçois ton ticket qui te fait un bon de réduction sur tes achats en supermarché. Le mieux ce serait la consigne, ça c’est sûr, mais bon.

Ludovic : Je fais un challenge avec les cannettes et je prône l’utilisation de la canette et avec le côté visuel forcément c’est plus attirant pour une agence de Com de travailler sur ce genre de produit. Donc je pensais à faire aussi un podcast spécialisé avec des gens du milieu qui pourraient parler du côté écologique et écoresponsable de la cannette. Donc éventuellement peut-être qu’on pourrait faire un épisode qui ne traite que de ça ?

Sebastian : Avec plaisir, parce que moi ça m’intéresserait vraiment d’aller au fond des choses pour savoir où en est la filière en France, est-ce qu’elle est sérieuse ou pas et s’il y a des choses à faire.

Ludovic : Du coup, en revenant sur Lökki, quelle est votre cible principale ? Est-ce que tu penses que la marque peut attirer des consommateurs de bières craft, vins ou spiritueux ?

Sebastian : Euh… oui. Pour te dire, j’ai pas mal de copains brasseurs dans le coin qui ont goûté la KomBeerCha et qui ont été assez conquis. Donc oui. Tu vois, on arrive à faire une passerelle avec certaines recettes.

Aujourd’hui, notre cible principale, elle est quand même un petit peu majoritairement féminine, mais ça change de plus en plus. Et puis je pense que nous on est sur des gens qui sont quand même assez engagés, qui sont clairement dans le bio parce qu’on est vendu exclusivement dans le bio.

Et je pense que c’est des gens qui sont un petit peu aventuriers, qui sont contents de pouvoir voyager un petit peu avec nos recettes et des goûts assez subtils, particuliers, des mélanges intéressants.

Ludovic : Et du coup, en tranche d’âge ?

Sebastian : Je ne saurais pas te dire, très honnêtement… Moi je l’ai fait pour moi en premier d’une certaine manière. Je me suis dit : « bon bah si ça plait à d’autres personnes, tant mieux ». Mais j’étais pas là en train de me dire : « bon, tu vois, je vais viser les 25-34 ans ultra urbains en CSP ++ ». Pourtant j’ai fait des études de marché, mais justement tout ce que je voulais éviter c’était de me retrouver dans cet aspect de marketing. Je me suis dit « je veux faire un truc de mes mains, je veux faire du kombucha, je veux brasser, je veux être fier de ce que je sors et si ça plait tant mieux et si ça marche pas tant pis ».

Ludovic : Bah ça a l’air de plaire en tout cas, donc bien joué ! 

Sebastian : Bah merci !

Ludovic : Vous postez pas mal d’articles en lien avec le bien-être. Donc Lökki se positionne comme une marque bonne pour le corps et l’esprit j’ai envie de dire. Penses-tu qu’en France les consommateurs sont de plus en plus attentifs à ce qu’ils boivent ?

Sebastian : J’espère. Oui oui, clairement il y a une vraie tendance. On a de plus en plus de petits cafés, de restos qui nous appellent pour proposer nos produits parce qu’ils disent qu’ils ne veulent plus vendre de Coca parce qu’ils veulent pouvoir proposer une alternative saine à leurs clients. Donc tu vois, je pense qu’il y a une vraie prise de conscience sur le bien-être. Et si on peut aussi réussir à convaincre avec des aspects d’engagement responsable et équitable, c’est encore mieux.

Ludovic : D’accord. C’était ma question d’après : penses-tu qu’en France, la tendance prend, ou est-ce qu’on est encore au Coca-Pepsi-Fanta et autres sodas trop sucrés et mauvais pour la santé ?

Sebastian : Non, non non, je pense qu’il y a un vrai mouvement. Mais tu le vois d’ailleurs. Si t’as des grosses marques comme Pepsi et Coca qui ont racheté des marques de kombucha, ce n’est pas pour rien, c’est parce qu’à mon avis ils sentent vraiment le vent tourner et qu’ils essayent de se placer sur ce marché-là. Parce que oui, effectivement, aujourd’hui t’as pas envie de te prendre un Coca avec 10-12 grammes de sucre aux 100 ml et un produit avec lequel tu peux nettoyer tes tuyauteries avec.

Ludovic : Ouais, c’est sûr. Mais c’est la même chose pour les grosses entreprises de bière qui se mettent à faire du sans-alcool ou…

Sebastian : Exactement, ouais.

Ludovic : Donc ouais, c’est sûr qu’entre le sans-alcool et ce côté alternatif au sucre, il y a beaucoup de choses qui fleurissent, beaucoup d’alternatives en ce moment. Et puis pour le futur, c’est assez intéressant tout ça.

Pour en revenir sur la Com, vous avez un Instagram typé été, fraicheur, soleil, convivialité. C’est assez proche des marques de Hard seltzer américaines. Pourquoi choisir ces codes-là ? 

Sebastian : C’est une bonne question. Merci pour ton analyse, d’avoir ce recul-là. En fait, non, c’était juste un peu la direction artistique qu’on voulait donner à notre Insta, d’être un peu fun, d’avoir des couleurs sympas, d’inspirer la convivialité, la fraicheur… On est dans le sud donc on bénéficie de beaucoup de soleil, donc c’est aussi quelque chose qu’on retranscrit un petit peu peut-être involontairement sur les photos.

Ludovic : OK, parfait. Du coup pour finir, on fait le petit cri de ralliement ?

SUPER….

Sebastian : POTIOOOOOOON !!!!