Le bien-boire en France : le marché des sans-alcool en hausse significative

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“Clairement il y a une vraie tendance. On a de plus en plus de petits cafĂ©s, de restos qui nous appellent pour proposer nos produits parce qu’ils disent qu’ils ne veulent plus vendre de Coca parce qu’ils veulent pouvoir proposer une alternative saine Ă  leurs clients. Donc tu vois, je pense qu’il y a une vraie prise de conscience sur le bien-ĂȘtre. Et si on peut aussi rĂ©ussir Ă  convaincre avec des aspects d’engagement responsable et Ă©quitable, c’est encore mieux.”

Sebastian, Lokki Kombucha

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Dans cet Ă©pisode, nous abordons le sujet du marchĂ© des sans alcool en nous intĂ©ressant plus prĂ©cisĂ©ment au Kombucha. Le bien-boire est une tendance bien prĂ©sente chez les consommateurs et la montĂ©e des “low-no-alcohol” est en hausse significative dans les pays anglo-saxons et asiatiques.

En effet, les breuvages contenant peu ou pas d’alcool ont la cote car ce sont des alternatives healthy, moins sucrĂ©es et peu caloriques. Mais qu’en est-il en France ? Quelques Ă©lĂ©ments de rĂ©ponse dans ce podcast signĂ© Studio Blackthorns featuring Sebastian de Lokki Kombucha.

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Retranscription

Ludovic : Salut Sebastien.

Sebastian : Salut !

Ludovic : Peux-tu te prĂ©senter Ă  nos auditeurs en quelques mots ?

Sebastian : Bien sĂ»r. Je suis Sebastian Landaeus, j’ai 39 ans. J’ai crĂ©Ă© Lökki avec Nina, je suis cofondateur de Lökki, une brasserie de Kombucha. On a crĂ©Ă© ça il y a cinq ans maintenant.

Mon background, c’est un peu le schĂ©ma habituel : école de commerce, premiĂšres armes dans des grands groupes et un mal-ĂȘtre bien prĂ©sent, bien installĂ© qui m’a poussĂ© Ă  rĂ©flĂ©chir un peu sur ce que je voulais faire dans ma vie, ce qui Ă©tait important pour moi. Et le kombucha en faisait partie et c’est un peu comme ça que ça a dĂ©marrĂ©.

Ludovic : OK, trĂšs bien. Pour commencer, peux-tu nous expliquer d’oĂč vient le nom de ta brasserie ? Parce que de mon cĂŽtĂ©, j’ai pu voir que « Lökki » ça pouvait signer « mouette » en finlandais et Ă©galement un Dieu de la mythologie nordique. Et je pense, Ă  en juger Ă  votre Com, ce n’est pas trop le cĂŽtĂ© viking qui
 ?

Sebastian : Alors non, ce n’est pas le cĂŽtĂ© viking. Alors, je suis moitiĂ© suĂ©dois moitiĂ© français en fait. J’ai grandi en France, mais je suis nĂ© en SuĂšde. J’ai fait une partie de mes Ă©tudes en SuĂšde aussi.

En fait si tu veux, dans le design de Lökki, dans le nom de la marque, je voulais pouvoir retrouver une certaine consonance et une esthĂ©tique visuelle scandinave. Et si tu veux, Lökki, ça s’est construit principalement sur l’esthĂ©tique visuelle et c’est aprĂšs que j’ai raccrochĂ© un petit peu l’histoire de la mythologie nordique qu’on peut retrouver, notamment sur le dieu de la discorde qui est donc un dieu qui n’a pas trĂšs bonne presse, mais il y a quand mĂȘme un truc trĂšs cool chez lui, c’est que c’est un dieu qui n’aimait pas l’ordre Ă©tabli.

Arriver sur le marchĂ© des boissons avec une boisson vivante un peu folle qu’on doit conserver au frais alors que toutes les autres boissons sont pasteurisĂ©es en ambiant, c’était un petit peu arriver comme un chien dans un jeu de quilles et bousculer un peu tout ça.

Donc voilà, le cÎté Lökki, tu le retrouves sous cet aspect-là.

Ludovic : OK, donc il y a un cĂŽtĂ© irrĂ©vĂ©rencieux un petit peu. Je ne m’en serais pas doutĂ©, mais vu de cet aspect-là


Sebastian : Ouais, c’est une boisson un peu folle qui continue de fermenter. C’était un peu comme ça qu’on l’avait pensĂ©. Et puis comme je te dis, cet esthĂ©tisme scandinave, on voulait quelque chose de trĂšs Ă©purĂ©, un peu comme le design scandinave qui se veut trĂšs fonctionnel et trĂšs Ă©purĂ©.

Ludovic : OK, ça marche. Du coup, avant d’aller plus loin dans l’interview, j’ai prĂ©parĂ© un super quizz. Le concept c’est simple, c’est de rĂ©pondre le plus rapidement possible aux questions en choisissant une seule rĂ©ponse.

*SUPER-QUIZZ* Ă  Ă©couter en audio 😉

Ludovic : Pour revenir un petit peu sur l’interview, peux-tu nous expliquer rapidement ce qu’est le kombucha et est-ce que c’est bon pour la santĂ©, comme on peut le lire dans tous les blogs ?

Sebastian : Le kombucha, c’est une boisson fermentĂ©e. ConcrĂštement ce qui va se passer c’est une infusion de thĂ© qu’on va sucrer, mais qu’on va sucrer principalement pour pouvoir nourrir les levures et les bactĂ©ries qui vont transformer cette infusion en une boisson lĂ©gĂšrement pĂ©tillante, acidulĂ©e avec un goĂ»t qui se rapproche Ă  peu prĂšs du cidre, mais sans l’alcool.

C’est une fermentation presque un peu spontanĂ©e, c’est un processus que tu retrouves dans la nature. C’est-Ă -dire que tout liquide sucrĂ© exposĂ© Ă  l’air va dĂ©velopper de l’alcool et trĂšs rapidement tu vas avoir des bactĂ©ries acĂ©tiques qui vont venir un petit peu se nourrir de cet alcool et le transformer en acide acĂ©tique et c’est ça qui va donner ce cĂŽtĂ© vinaigrĂ© et qui permet au kombucha, quand tu le fais bien, de pouvoir afficher des taux d’alcool trĂšs faibles. Donc ça te fait une boisson pĂ©tillante sans alcool et trĂšs rafraichissante.

Ludovic : Et en quoi ce serait bon pour la santĂ©, comme le disent les blogs ?

Sebastian : Alors ça c’est toujours un peu compliquĂ©. Nous, l’aspect santĂ©, ce n’est pas quelque chose qu’on met trop en avant parce que lĂ©galement c’est dĂ©licat.

En revanche, t’as de l’acide glucuronique et il y a des Ă©tudes qui ont Ă©tĂ© faites sur des rats comme quoi ça permettait de dĂ©toxifier les mĂ©taux lourds. Donc ça, Ă  ma connaissance je pense que c’est la seule Ă©tude scientifique qui permet de dire que t’as un effet dĂ©tox du kombucha.

AprĂšs, on parle beaucoup de probiotique. On associe souvent le kombucha Ă  des probiotiques.

Pour le kombucha, il faut relativiser un peu, on peut parler d’effet probiotique dans le sens oĂč, si tu veux, les bonnes bactĂ©ries qui sont prĂ©sentes dans le kombucha ne font pas partie de la liste europĂ©enne des probiotiques. L’effet est similaire, mais ce n’est pas dans ce registre comme c’est entendu par l’Union europĂ©enne.

Les premiers effets du kombucha c’est, je pense, une facilitation de la digestion. Clairement sur un gros repas ou si t’es pas trĂšs bien, que t’as du mal Ă  digĂ©rer, c’est vraiment quelque chose qui va te permettre de te sentir mieux trĂšs rapidement.

Et puis à long terme, moi je vois ça comme un apport de bonnes bactéries que tu remets dans ton systÚme digestif qui te permet de rééquilibrer ta flore intestinale et qui permet de maintenir un systÚme immunitaire en bonne santé.

Moi Ă  titre personnel, avant que je commence les produits fermentĂ©s, j’avais toujours ce petit rhume l’hiver, cette petite crĂšve que tu chopes facilement et je saurais mĂȘme plus te dire quand j’ai Ă©tĂ© malade la derniĂšre fois. En tout cas en ce qui me concerne, je suis trĂšs convaincu sur les produits fermentĂ©s. Alors, je dis produits fermentĂ©s parce que le kombucha en fait partie, mais tu vas aussi avoir du kĂ©fir, tu vas avoir des produits lacto-fermentĂ©s, etc. Donc c’est un peu comme tout, je pense qu’il faut varier ses sources et jamais abuser d’une seule chose.

Ludovic : D’ailleurs, pour accompagner le podcast, je ne sais pas si tu connais, moi je bois un probiotique qui s’appelle KrĂ©ol. C’est une marque qu’on voit ici en Australie.

Sebastian : D’accord, prĂ©biotique, OK d’accord.

Ludovic : Ouais, c’est marquĂ© Prebiotic Sparkling, c’est du “passion fruit et orange”.

Sebastian : D’accord. Donc en gros, prĂ©biotique ça va ĂȘtre la nourriture que tu donnes au probiotique.

Ludovic : Du coup, j’ai notĂ© un titre intĂ©ressant sur ton site internet c’est « la nature en open source ». Pour moi, c’est une phrase Ă  mi-chemin entre agriculteur bio et dĂ©veloppeur geek. Est-ce que tu peux nous expliquer ce terme ?

Sebastian : Oui. En fait, la fermentation est un savoir ancestral qui a accompagnĂ© l’évolution de l’homme et c’est quelque chose qui s’est un peu perdu. Enfin moi en tout cas, quand j’ai grandi, je n’étais pas au courant de la fermentation, de ce que c’était. J’ai eu la chance d’avoir ma mĂšre chez moi qui m’a initiĂ© Ă  la cuisine et donc moi je suis passionnĂ© de bouffe. Mais je n’ai jamais connu ça en grandissant. Et je me suis rendu compte que c’est quand mĂȘme un des premiers moyens de conservation naturelle qui a accompagnĂ© l’homme tout au long de l’évolution et c’est certainement un processus qui a permis Ă  l’homme de voyager un peu plus loin, de pouvoir conserver ses aliments, de ne pas mourir de faim pendant des pĂ©riodes un petit peu difficiles, pendant les hivers ou des choses comme ça.

Ce qui me semblait trĂšs important en lançant le kombucha, c’était de ne pas essayer de faire croire que c’était un procĂ©dĂ© secret, etc., alors que c’est quelque chose qui existe depuis des milliers d’annĂ©es. Et c’était aussi de pouvoir partager ça. Tu sais, on a sorti un livre avec des recettes pour vraiment dĂ©sacraliser un peu la fermentation, Ă  expliquer qu’en gros, tout le monde peut le faire, tout le monde peut faire son kombucha Ă  la maison, tout le monde peut faire du kĂ©fir, tout le monde peut faire
 c’est l’acte de fermenter.

C’est un petit peu comme le pain, fondamentalement tout le monde peut faire son pain à la maison. C’est juste que des fois, tu vas avoir envie de le faire, des fois tu ne vas pas avoir envie de le faire, tu vas l’acheter à la boulangerie.

Ludovic : Ouais, j’aime bien ce concept de donner plus que de garder secret des choses. Il y a beaucoup d’entreprises qui gardent des secrets de fabrication, etc. Moi je pense qu’on est plus dans le donner maintenant et le karma fait le reste. Je suis plus partisan de penser comme ça. Donc effectivement, votre livre de recettes, c’est une bonne chose je pense aussi en termes de stratĂ©gie de communication et puis ça vient du cƓur, donc


Sebastian : Ouais ouais, vraiment. On s’est Ă©clatĂ© Ă  faire ce bouquin-lĂ  et puis on a pas mal de retours de la part de gens qui disent « merci, c’est super ». Et puis en fait, surtout qui se rendent compte que c’est simple. En gros, t’es trĂšs bien Ă©quipĂ© pour faire la diffĂ©rence entre une prĂ©paration qui est foirĂ©e et une prĂ©paration qui marche. Ça se sent Ă  l’odeur, tu le vois visuellement. Il n’y a pas de risques majeurs. Si ce n’est pas bon, tu recraches.

Ludovic : Et le cĂŽtĂ© open source de ta phrase du coup ?

Sebastian : C’était justement de pouvoir expliquer comment le kombucha est fait, que les gens puissent en faire Ă  la maison aussi Ă  partir d’une bouteille de Lökki. Enfin, d’une bouteille de Lökki ou d’une bouteille de quelqu’un d’autre, tant que le kombucha est de qualitĂ© et pas pasteurisĂ©.

Ludovic : Du coup, vous mettez l’accent sur vos dĂ©marches Ă©coresponsables, vous donnez votre max pour rĂ©duire l’impact de l’homme sur l’environnement. On voit aujourd’hui beaucoup de marques qui prĂŽnent cet aspect dans le secteur de la boisson. Est-ce un combat de tous les jours pour Lökki, quelles sont vos actions ?

Sebastian : Ouais, c’est un combat de tous les jours, c’est quelque chose qui nous anime profondĂ©ment. On fait ce qu’on peut Ă  notre niveau dans le sens oĂč aujourd’hui on est chez Enercoop pour l’énergie. Alors, ça parait un peu bateau de dire ça, mais ça a quand mĂȘme un vrai impact parce que c’est seul fournisseur d’électricitĂ© qui rĂ©investit dans l’énergie verte. Donc derriĂšre c’est pour construire des Ă©oliennes ou d’autres sources d’énergie pour le long terme. C’est quand mĂȘme 10 Ă  15 % plus cher que ce que tu peux acheter chez les fournisseurs normaux et quand t’as une brasserie, l’électricitĂ© c’est quand mĂȘme un gros poste.

On composte bien Ă©videmment tous nos dĂ©chets. Donc tout le thĂ©, les mĂšres de kombucha qu’on a en plus, etc. Qu’on rĂ©utilise dans notre potager. Donc on s’en plaint pas.

Qu’est-ce qu’on va faire d’autre ? Alors oui, on a une vraie politique RSE au sein de la boite dans le sens oĂč dĂ©jĂ  on est bien Ă©videmment bio, mais on est aussi Ă©quitable. Toutes les matiĂšres premiĂšres qui viennent de loin sont certifiĂ©es Ă©quitables. C’est-Ă -dire que tu vas payer un premium sur ces matiĂšres-lĂ  pour t’assurer qu’en gros les producteurs puissent bĂ©nĂ©ficier de conditions de travail satisfaisantes et que ce premium-lĂ  est rĂ©investi dans le bien-ĂȘtre au travail lĂ -bas.

Pour le sucre par exemple, on travaille avec des petits producteurs du Paraguay et donc ce sucre-lĂ , on le paye un peu plus cher, mais en retour l’argent est rĂ©investi pour un cabinet dentaire sur la plantation. Parce que ça fait vivre plein de familles.

Donc plutĂŽt que ce soit une prime qui est juste donnĂ©e aux agriculteurs, ça va ĂȘtre une prime qui est vraiment rĂ©investie dans le social lĂ -bas.

Qu’est-ce qu’on fait d’autre ? On fait pas mal de choses, je peux en parler longtemps. Je continue ou
 ?

Ludovic : Je pense que les auditeurs pourront aller sur votre site et voir vos valeurs et lire un peu vos posts de blog si ça les intĂ©resse plus en dĂ©tail.

Je voulais revenir du coup plus sur les produits en eux-mĂȘmes. Est-ce que tu peux prĂ©senter tes best-sellers ? 

Sebastian : Alors, on a une gamme assez large, lĂ  on a Ă  peu prĂšs 11 recettes. Donc nous on se positionne vraiment sur l’originalitĂ©, le goĂ»t et la qualitĂ© bien Ă©videmment. Nos best-sellers aujourd’hui, ça va ĂȘtre l’hibiscus-rose-timur et le curcuma-citron vert. Et aprĂšs, tu vas avoir derriĂšre soit le tulsi-gingembre soit la menthe-spiruline, en fonction de la saison.

Ludovic : OK. Et du coup, tu les accompagnerais avec des plats ou c’est Ă  boire tout seul ?

Sebastian : Bah chacun a un peu son rituel. Moi je suis trĂšs pendant le repas, je trouve ça assez sympa. Notamment si t’es vĂ©gĂ©tarien ou vĂ©gane, en fait ça va vraiment trĂšs bien accompagner les cruditĂ©s. Ce petit cĂŽtĂ© acide peut un peu s’apparenter Ă  une vinaigrette d’une certaine maniĂšre. Donc en fait, ça va trĂšs bien se marier avec des buddha bowl ou des poke si tu manges du poisson.

Et aprĂšs, en apĂ©ro c’est aussi trĂšs bien parce qu’en fait, tu sais, le cĂŽtĂ© fermentĂ© peut trĂšs bien remplacer la biĂšre quand tu peux pas boire d’alcool. Donc ça s’y prĂȘte trĂšs bien, t’as ce cĂŽtĂ© trĂšs rafraichissant. Donc ça c’est assez cool. Bon moi j’adore la biĂšre, donc je me prive pas de biĂšre. Mais disons que si j’ai pas envie de ressentir les effets de l’alcool parce que soit je fais du sport ou parce que je fais aussi attention aux calories, le kombucha s’y prĂȘte trĂšs bien.

Ludovic : Ouais, c’est sĂ»r, et puis il y a une vĂ©ritable tendance mondiale, un peu plus prĂ©sent dans les pays anglo-saxons pour l’instant. Mais la consommation de moins d’alcool ou des sans-alcool vient en force et les gens veulent des alternatives sans alcool de plus en plus dans les bars ou dans les mocktails ou dans les choses comme ça, donc ouais.

Sebastian : Ouais. Mais je pense qu’il y a une nouvelle gĂ©nĂ©ration qui voit l’alcool comme un truc un peu ringard.

Ludovic : Ah ouais. Je pense pas que ça soit encore en France, mais je vois ce que tu veux dire. Bon, aprĂšs, tant mieux pour la santĂ©, mais la fĂȘte est moins folle !

Sebastian : Oh ils trouveront bien d’autres trucs ! 

Ludovic : Du coup, moi ce qui m’a interpellĂ© chez Lökki c’était la KomBeerCha. Comment positionnerais-tu la KomBeerCha ? Est-ce que c’est un soda un peu rebelle ou est-ce qu’il fait plutĂŽt partie de la catĂ©gorie des sans-alcool dans le secteur de la biĂšre-vins-spiritueux ?

Sebastian : C’est une bonne question, on peut peut-ĂȘtre y rĂ©flĂ©chir ensemble parce que moi non plus, je ne sais pas trop comment le positionner.

Clairement, on l’a appelĂ© KomBeerCha parce qu’on voulait faire un kombucha qui rappelle un peu une IPA avec cette caractĂ©ristique trĂšs houblonnĂ©e ou une Pale Ale en fait. Donc aujourd’hui, c’est dans les rayons frais, tu le trouves bien Ă©videmment dans le rayon frais Ă  cĂŽtĂ© de notre gamme de kombucha. On a de trĂšs bons retours au niveau gustatif, etc. Par contre, je pense qu’aujourd’hui, les gens qui ne connaissent pas le kombucha ne savent pas trop ce que le KomBeerCha est. On a besoin, je pense, d’un peu de temps pour que le produit se cale bien.

Ludovic : Parce que du coup, tu dis qu’il est dans les frigos, enfin en tout cas au frais. OĂč est-ce qu’il est distribué ?

Sebastian :  Alors dĂ©jĂ  nous on est vendu dans tous les magasins bio spĂ©cialisĂ©s uniquement. Tu vas avoir des enseignes en local, tu vas avoir Marcel & Fils, tu vas avoir des Satoriz, tu vas avoir des Biocoop en local, un petit peu tous les magasins bio, chez Naturalia aussi tu vas le retrouver.

Ludovic : D’accord. Donc pour l’instant, pas forcĂ©ment dans les caves Ă  biĂšres par exemple ?

Sebastian : Non, pas encore. Parce que toute la subtilitĂ© est de pouvoir trouver des personnes qui puissent garder et prĂ©senter les produits au frais, ce qui n’est pas encore trĂšs Ă©tabli partout chez les cavistes.

Ludovic : Ça c’est une obligation pour la fermentation ou la conservation ?

Sebastian : Ouais, parce que sinon le kombucha, enfin le KomBeerCha dans ce cas bien prĂ©cis va continuer Ă  Ă©voluer. Et puis surtout avec le houblon, qui est quand mĂȘme un agitateur de levure, voilĂ , il faut ĂȘtre Ă  4° et il faut que ça reste Ă  4°.

Ludovic : D’accord. Donc ça veut dire que s’il devait ĂȘtre dans une cave Ă  biĂšres, il devrait ĂȘtre dans un frigo dans tous les cas ?

Sebastian : Ouais, exactement.

Ludovic : Et pour combien de temps ?

Sebastian : On a une DLUO de 12 mois dessus.

Ludovic : D’accord, OK. Donc ouais, la KomBeerCha, ça se cherche encore un petit peu. Ça fait bonne presse, mais ça se cherche en termes de positionnement ?

Sebastian : Ouais. C’est quand mĂȘme trĂšs spĂ©cialisĂ©. Il faut savoir qu’aujourd’hui, je pense que tout le monde ne connait pas le kombucha. Et aprĂšs, il faut avoir la curiositĂ© d’aller tester du KomBeerCha en ne sachant pas trop ce que c’est. Ce qui est un peu un dĂ©fi assez cool en soi parce que c’est un peu notre ADN aussi de toujours vouloir surprendre le consommateur. On propose toujours des recettes un peu folles avec des ingrĂ©dients que les gens ne comprennent pas tous. Donc Ă©coute, ça fait son chemin. Mais on a de bons retours dĂ©jĂ .

Ludovic : Ça marche. Du coup, en termes de look, vous ĂȘtes parti sur des petites bouteilles en verre transparentes de 33 cl avec des Ă©tiquettes transparentes. Est-ce que tu peux nous expliquer ce choix de conditionnement ? 

Sebastian : En fait c’est la couleur des boissons. On trouvait ça un peu dommage de cacher ça avec une Ă©tiquette pleine, sachant qu’on a des couleurs un peu folles. Tu vois, l’hibiscus a un rose complĂštement incroyable, rose rouge.

On va avoir la spiruline-menthe qui est vert bleutĂ© grĂące Ă  la phycocyanine qu’il y a dedans.

Donc c’est quand mĂȘme sympa de pouvoir avoir des couleurs naturelles comme ça et de montrer aussi une certaine naturalitĂ© et ce qu’il y a dans le produit.

AprĂšs, il y a des inconvĂ©nients. C’est-Ă -dire qu’on est hyper dĂ©pendant de l’éclairage des frigos. C’est-Ă -dire que si on a une lumiĂšre qui est soit peu prĂ©sente ou soit derriĂšre les bouteilles, du coup on voit trĂšs mal les Ă©tiquettes, on voit trĂšs mal les logos, ça ne ressort pas trĂšs bien.

Ludovic : Du coup, pour en revenir Ă  la KomBeerCha, pour peut-ĂȘtre moins se chercher en termes de positionnement, je me demandais pourquoi vous aviez pas envisagĂ© la canette pour se rapprocher du mouvement craft des brasseries artisanales ? 

Sebastian : Alors oui on y pense Ă  la canette. AprĂšs, je sais pas si fondamentalement ce serait bienvenu ce format-lĂ  dans les magasins bio spĂ©cialisĂ©s, parce que nous on est quand mĂȘme trĂšs prĂ©sent dans ce circuit de distribution.

La canette en France c’est quand mĂȘme pas super bien dĂ©veloppĂ© et du coup, ça nĂ©cessite aussi de gros investissements si tu veux monter une ligne d’embouteillage en cannette. Donc on a prĂ©fĂ©rĂ© rester sur une bouteille en verre brune pour le KomBeerCha, parce que comme le houblon est photosensible, ça permet de protĂ©ger le houblon.

Ludovic : Et du coup, qu’est-ce qui pourrait freiner tes distributeurs, enfin tes magasins spĂ©cialisĂ©s dans le fait d’utiliser la canette ?

Sebastian : Je pense que la canette n’a pas trĂšs bonne presse en termes de recyclabilitĂ©. Je crois que ce n’est pas trĂšs clair en France Ă  quel point ça peut ĂȘtre recyclable ou pas. Et donc les gens restent encore un peu sur l’idĂ©e que ça fait beaucoup de dĂ©chets et que ce n’est peut-ĂȘtre pas trĂšs bien traitĂ© derriĂšre.

Ludovic : Ouais, pourtant c’est quand mĂȘme la solution numĂ©ro une pour le recyclage Ă  l’infini et ce genre de choses. AprĂšs, c’est sĂ»r qu’il y a beaucoup d’articles lĂ -dessus qui se mordent un peu la queue, donc on ne sait jamais trop sur quoi se placer, on ne sait pas si le verre est mieux que l’aluminium ou non.

Sebastian : TrĂšs honnĂȘtement, aujourd’hui
 Bon, le verre on sait ce que c’est, l’aluminium on en parle beaucoup et j’attends d’avoir
 En fait je suis un peu en discussion avec certaines personnes pour savoir Ă  quel point c’est eco-friendly ou pas et on va voir un petit peu. Mais oui, effectivement, la canette c’est assez cool. Enfin moi je trouve ça gĂ©nial parce que tu disposes d’une surface pour parler de ton produit qui est juste Ă©norme. Ça se refroidit trĂšs vite, c’est trĂšs lĂ©ger, c’est pratique, tu te coupes pas, t’as pas de risques de bris. Donc ouais, c’est sympa.

Ludovic : Et puis lĂ  en Australie, c’est vraiment un truc de fou en fait. T’arrives dans les bottle store et c’est un mur de cannettes. Et c’est trop beau Ă  voir dĂ©jĂ  et puis il y a on va dire 80 % de canettes et 20 % de bouteilles dans les bottle store dans les rayons biĂšre craft en Australie. Donc ce n’est pas encore ça en France, mais du coup, peut-ĂȘtre que ça y viendra.

Sebastian : Ouais. Moi, dĂšs que je serai 100 % sĂ»r que la filiĂšre est bien maitrisĂ©e en France sur l’aluminium, je creuserai un peu plus. Pour l’instant c’est pas trop Ă©vident. Je sais qu’en SuĂšde c’est extrĂȘmement bien rĂ©utilisĂ© derriĂšre. T’as encore la consigne en SuĂšde. Mais t’as des points de collecte dans tous les supermarchĂ©s oĂč tu vas dĂ©poser tes cannettes, tes bouteilles de verre. Tu reçois ton ticket qui te fait un bon de rĂ©duction sur tes achats en supermarchĂ©. Le mieux ce serait la consigne, ça c’est sĂ»r, mais bon.

Ludovic : Je fais un challenge avec les cannettes et je prĂŽne l’utilisation de la canette et avec le cĂŽtĂ© visuel forcĂ©ment c’est plus attirant pour une agence de Com de travailler sur ce genre de produit. Donc je pensais Ă  faire aussi un podcast spĂ©cialisĂ© avec des gens du milieu qui pourraient parler du cĂŽtĂ© Ă©cologique et Ă©coresponsable de la cannette. Donc Ă©ventuellement peut-ĂȘtre qu’on pourrait faire un Ă©pisode qui ne traite que de ça ?

Sebastian : Avec plaisir, parce que moi ça m’intĂ©resserait vraiment d’aller au fond des choses pour savoir oĂč en est la filiĂšre en France, est-ce qu’elle est sĂ©rieuse ou pas et s’il y a des choses Ă  faire.

Ludovic : Du coup, en revenant sur Lökki, quelle est votre cible principale ? Est-ce que tu penses que la marque peut attirer des consommateurs de biĂšres craft, vins ou spiritueux ?

Sebastian : Euh
 oui. Pour te dire, j’ai pas mal de copains brasseurs dans le coin qui ont goĂ»tĂ© la KomBeerCha et qui ont Ă©tĂ© assez conquis. Donc oui. Tu vois, on arrive Ă  faire une passerelle avec certaines recettes.

Aujourd’hui, notre cible principale, elle est quand mĂȘme un petit peu majoritairement fĂ©minine, mais ça change de plus en plus. Et puis je pense que nous on est sur des gens qui sont quand mĂȘme assez engagĂ©s, qui sont clairement dans le bio parce qu’on est vendu exclusivement dans le bio.

Et je pense que c’est des gens qui sont un petit peu aventuriers, qui sont contents de pouvoir voyager un petit peu avec nos recettes et des goĂ»ts assez subtils, particuliers, des mĂ©langes intĂ©ressants.

Ludovic : Et du coup, en tranche d’ñge ?

Sebastian : Je ne saurais pas te dire, trĂšs honnĂȘtement
 Moi je l’ai fait pour moi en premier d’une certaine maniĂšre. Je me suis dit : « bon bah si ça plait Ă  d’autres personnes, tant mieux ». Mais j’étais pas lĂ  en train de me dire : « bon, tu vois, je vais viser les 25-34 ans ultra urbains en CSP ++ ». Pourtant j’ai fait des Ă©tudes de marchĂ©, mais justement tout ce que je voulais Ă©viter c’était de me retrouver dans cet aspect de marketing. Je me suis dit « je veux faire un truc de mes mains, je veux faire du kombucha, je veux brasser, je veux ĂȘtre fier de ce que je sors et si ça plait tant mieux et si ça marche pas tant pis ».

Ludovic : Bah ça a l’air de plaire en tout cas, donc bien joué ! 

Sebastian : Bah merci !

Ludovic : Vous postez pas mal d’articles en lien avec le bien-ĂȘtre. Donc Lökki se positionne comme une marque bonne pour le corps et l’esprit j’ai envie de dire. Penses-tu qu’en France les consommateurs sont de plus en plus attentifs Ă  ce qu’ils boivent ?

Sebastian : J’espĂšre. Oui oui, clairement il y a une vraie tendance. On a de plus en plus de petits cafĂ©s, de restos qui nous appellent pour proposer nos produits parce qu’ils disent qu’ils ne veulent plus vendre de Coca parce qu’ils veulent pouvoir proposer une alternative saine Ă  leurs clients. Donc tu vois, je pense qu’il y a une vraie prise de conscience sur le bien-ĂȘtre. Et si on peut aussi rĂ©ussir Ă  convaincre avec des aspects d’engagement responsable et Ă©quitable, c’est encore mieux.

Ludovic : D’accord. C’était ma question d’aprĂšs : penses-tu qu’en France, la tendance prend, ou est-ce qu’on est encore au Coca-Pepsi-Fanta et autres sodas trop sucrĂ©s et mauvais pour la santé ?

Sebastian : Non, non non, je pense qu’il y a un vrai mouvement. Mais tu le vois d’ailleurs. Si t’as des grosses marques comme Pepsi et Coca qui ont rachetĂ© des marques de kombucha, ce n’est pas pour rien, c’est parce qu’à mon avis ils sentent vraiment le vent tourner et qu’ils essayent de se placer sur ce marchĂ©-lĂ . Parce que oui, effectivement, aujourd’hui t’as pas envie de te prendre un Coca avec 10-12 grammes de sucre aux 100 ml et un produit avec lequel tu peux nettoyer tes tuyauteries avec.

Ludovic : Ouais, c’est sĂ»r. Mais c’est la mĂȘme chose pour les grosses entreprises de biĂšre qui se mettent Ă  faire du sans-alcool ou


Sebastian : Exactement, ouais.

Ludovic : Donc ouais, c’est sĂ»r qu’entre le sans-alcool et ce cĂŽtĂ© alternatif au sucre, il y a beaucoup de choses qui fleurissent, beaucoup d’alternatives en ce moment. Et puis pour le futur, c’est assez intĂ©ressant tout ça.

Pour en revenir sur la Com, vous avez un Instagram typĂ© Ă©tĂ©, fraicheur, soleil, convivialitĂ©. C’est assez proche des marques de Hard seltzer amĂ©ricaines. Pourquoi choisir ces codes-là ? 

Sebastian : C’est une bonne question. Merci pour ton analyse, d’avoir ce recul-lĂ . En fait, non, c’était juste un peu la direction artistique qu’on voulait donner Ă  notre Insta, d’ĂȘtre un peu fun, d’avoir des couleurs sympas, d’inspirer la convivialitĂ©, la fraicheur
 On est dans le sud donc on bĂ©nĂ©ficie de beaucoup de soleil, donc c’est aussi quelque chose qu’on retranscrit un petit peu peut-ĂȘtre involontairement sur les photos.

Ludovic : OK, parfait. Du coup pour finir, on fait le petit cri de ralliement ?

SUPER….

Sebastian : POTIOOOOOOON !!!!

A propos du podcast

À travers ce podcast, Ă  la fois fun et enrichissant, j’ai souhaitĂ© marquer mon empreinte d’expert dans le secteur de la boisson alcoolisĂ©e et non-alcoolisĂ©e en invitant des professionnels de l’industrie : brasseurs, distillateurs, vignerons, cavistes, journalistes. Mon but est d’apporter de l’inspiration Ă  ces acteurs de la filiĂšre Potions pour les aider Ă  sans cesse se renouveler. C’est ainsi qu’est nĂ© le podcast SUPER-POTIONℱ, une Ă©mission divertissante et empreinte de nostalgie pop-culture pour les annĂ©es 80-90.

Super-Potion, un Ă©lixir d’innovation pour sublimer toutes vos boissons ! đŸș

Ludovic

Brand Strategist & Podcaster

Ludovic est le fondateur de Studio Blackthorns, une agence créée en 2010 spécialisée dans le secteur de la boisson alcoolisée.

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